Inauguration du Monument aux Morts, de la Crypte du Souvenir et de la Stèle dédiée à Charles PEGUY.
Monsieur Patrick DEVEDJIAN, Député des Hauts-de-Seine, Vice-Président du Conseil Général, représentant Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, Président du Conseil Général des Hauts de Seine,
Monsieur Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil Régional d’Ile de France,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Maire de Kenilworth, cher collègue et cher Ami,
Mesdames et messieurs les Maires, chers collègues,
Mesdames et messieurs les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses,
Mesdames et messieurs les Présidents d’associations et les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs les Directeurs d’Ecole et les enseignants,
Mesdames et messieurs les Anciens Combattants,
Chers enfants,
Chers Amis,
Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, vient de me joindre pour décliner sa venue étant malheureusement retenu Place Beauvau.
Je le remercie personnellement ainsi qu’au nom de nous tous, Anciens Combattants de Bourg-la-Reine, des Hauts-de-Seine et des villes voisines pour sa contribution, à la fois technique et financière, qui a été déterminante pour la réalisation de ce projet.
Je suis profondément reconnaissant à Monsieur Hamlaoui Mékachéra, Ministre délégué aux Anciens Combattants, de tout son appui pour une initiative qu’il a soutenu dès l’origine. Il est encore retenu à cette heure au Camp de déportation du Struthof, près de Natzwiller, pour l’inauguration du Centre européen du résistant déporté.
Je sais gré à Monsieur Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional, de sa présence personnelle et de son concours.
Je remercie le Général Xavier de Zuchowicz, Gouverneur de Paris, qui a demandé la participation de la musique de la région terre Ile de France et d’une section d’honneur. Je remercie le Colonel Robein, délégué militaire départemental des Hauts de Seine de remettre au cours de cette cérémonie la médaille militaire à notre concitoyen Monsieur Lucien Loudcher, ancien combattant de la 2ème Division Blindée du Général Leclerc.
Je salue particulièrement le Maire de Kenilworth, Monsieur Norman Vincitt, son épouse ainsi que nos amis anglais qui nous font l’amitié et l’honneur de venir jusqu’à nous en ce jour. Nous savons la fraternité d’armes qui nous a réunis tant de fois dans le passé.
Je remercie chacun et chacune d’entre vous, d’être venus si nombreux en ce jour.
Je vous remercie également, chers enfants, qui avez préparé avec attention cette cérémonie, les uns par une exposition passionnante que nous verrons à l’Agoreine, les autres en apprenant avec cœur la Marseillaise, notre hymne national qui nous a accompagnés dans les jours difficiles comme dans les victoires.
C’est un hommage solennel que nous voulons rendre aujourd’hui aux victimes, militaires et civiles, qui sont tombées pour la Défense de notre pays.
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Il y a 85 ans, le 1er novembre 1920, notre Monument aux morts était inauguré par Théodore Steeg, Ministre de l’Intérieur et par le Colonel Candelot, alors maire de Bourg-la-Reine.
Ce 17 octobre 2005, nous voici réunis autour de ce Monument totalement rénové, pour son inauguration et pour celle de la Crypte du Souvenir. Ils rappelleront aux générations à venir le souvenir de ceux et de celles qui sont morts pour que la France reste libre et en paix.
Nous tenons également à rendre un hommage particulier à Charles Péguy, illustre écrivain du XXème siècle, qui ayant quitté Bourg-la-Reine le 2 août 1914, sera tué au front le 5 septembre 1914.
C’est sous le signe du recueillement et de la reconnaissance que nous entendons placer cette journée.
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L’histoire de ce mémorial remonte à la Première Guerre Mondiale. Par une délibération du 20 décembre 1915, le Conseil de la Seine demande qu’il soit apposé dans chacune des villes du département, un tableau d’honneur, où seront inscrits les noms des militaires tués au front.
Grâce à la rapidité des travaux pour ériger son Monument aux morts, Bourg-la-Reine a été la première commune de la Région à rendre ce suprême hommage à ses enfants morts pour la défense de la Patrie : 161 noms (249 aujourd’hui après les recherches effectuées) ont été gravés en lettres d’or sur la Stèle en granit de Belgique.
Le Comité d’Honneur, réuni à cet effet, avait décidé également la construction d’un grand caveau destiné à recevoir les corps des combattants qui n’auraient pas trouvé asile dans les tombes familiales.
Le XXème siècle connut de terribles conflits : quatre combattants de la guerre 39-45 et un de la guerre d’Afrique du Nord y furent également inhumés. Le 29 mai 1955, des terres provenant de tous les champs de bataille de 1914-1918 et de 1939-1945, ainsi que d’Indochine, en passant par la terre des maquis et celle des camps de concentration, furent déposées dans une urne placée dans la Crypte.
Les noms des soldats de Bourg-la-Reine morts pendant la seconde guerre mondiale, les guerres d’Indochine et d’Afrique du Nord sont venus s’ajouter sur ce monument : 77 pour la guerre 39-45, 4 pour l’Indochine et 5 pour l’Afrique du nord.
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Puis la crypte a été refermée, enfouie, est tombée peu à peu dans l’oubli et les années sont passées. Elle s’est effacée de nos mémoires. Mais en 2001, à l’occasion de sondages effectués autour du Monument, on découvre l’existence de deux galeries parallèles, dans lesquelles sont inhumés les corps de 33 personnes, dont 28 de la Grande Guerre.
D’importantes recherches historiques s’ensuivent et le travail est fructueux. On retrouve ainsi les noms de combattants de Bourg-la-Reine qui ne figuraient pas au Monument aux morts, malgré leur bravoure et leur dévouement au service de la Patrie.
Nos investigations nous ont également permis de retrouver les familles de tous ceux qui sont enterrés dans cette Crypte.
C’est un honneur, mesdames et messieurs, de vous recevoir à Bourg-la-Reine et de vous manifester ainsi notre reconnaissance. Vous pouvez être fiers de ceux qui vous ont précédés et qui ont donné leur vie pour la France. Je sais que pour vous, l’émotion est grande aujourd’hui car vous n’aviez jamais pu auparavant vous recueillir sur la tombe de vos proches.
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Vivement soutenue par le Ministère de la Défense, le Conseil Régional d’Ile-de-France, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, le Souvenir Français et de nombreux réginaburgiens rassemblés dans l’Union pour le civisme et la mémoire, la Mairie de Bourg-la-Reine a engagé d’importants travaux de restauration. Je suis très reconnaissant également au Général de Percin, Président du Souvenir Français, représenté par le Général Lacapelle, Vice-Président, et à Monsieur Jean-François Jobez, Directeur Interdépartemental des Anciens Combattants d’Ile-de-France, pour leurs aides précieuses et leurs conseils particulièrement avisés sur la restauration de cette crypte.
Elle sera désormais accessible aux enfants des écoles et à toute personne souhaitant s’y recueillir. Elle sera dorénavant un haut lieu de mémoire et de souvenir.
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De cette guerre 14-18, de cette « Grande Guerre » comme elle fut alors dénommée, nous allons retenir quelques moments particuliers, à travers le sacrifice suprême de combattants inhumés dans cette crypte.
Georges Clemenceau disait qu’ « Il est plus facile de faire la guerre que la paix »et dans la Conférence interalliée du 29 novembre 1917, il devait ajouter :« nous travaillons pour conquérir par la force le droit à la paix »
Ainsi, les soldats se sont mobilisés car, pour eux, la Patrie est une personne à défendre, même au prix le plus élevé, celui de leur vie.
Demeurant 19 rue de la Bièvre, Auguste BENARD, gardien de notre cimetière, est mobilisé en 1914, au 21ème Régiment territorial d’infanterie.
Grièvement blessé à la bataille de Verdun, le 18 décembre 1916, le Caporal Auguste Benard est évacué par le poste de secours. Il décède le lendemain, ayant reçu deux semaines auparavant la Croix de guerre. Sa femme et ses quatre enfants n’apprennent sa disparition que le 17 janvier 1917, par un avis du ministère de la Guerre. Il est inhumé dans cette crypte.
C’est aussi Albert BEAU, demeurant 16 rue Ravon, qui exerçait le métier de cirier et qui était également Sergent dans la subdivision des sapeurs-pompiers à Bourg-la-Reine. Mobilisé comme soldat au 24ème Régiment d’Infanterie, il est tué dans les combats de Sissonne, dans l’Aisne, le 27 octobre 1918, soit 2 semaines avant la signature de l’Armistice, à Rethondes, le 11 novembre 1918. Il laissera une veuve et deux jeunes enfants, de 9 et de 12 ans. Décoré de la croix de guerre, il a combattu avec courage et ardeur pour ce que la France retrouve sa Liberté. Nous saluons ici son sacrifice.
Gabrielle Clémence STOUQUE évoque pour nous, le dévouement de toutes les femmes qui, pendant la guerre, se sont penchées au chevet des mutilés et les ont soignés, avec respect et attention.
Née le 28 avril 1889, elle devient orpheline très tôt. Habitant 51 Grande rue, l’actuelle Avenue du Général Leclerc, elle s’engage très jeune comme infirmière militaire de deuxième classe. Alors que la guerre prend fin, elle est grièvement blessée au cours d’un bombardement alors qu’elle fait un déplacement en ambulance. Elle reçoit la Légion d’honneur le 23 avril 1921 pour « avoir fait preuve d’un très grand dévouement et d’un admirable courage… ». A 32 ans, elle décède des suites de ses blessures, le 12 août 1921 à l’Hôpital Cochin, à Paris. Décorée également de la Croix de Guerre, elle est, par son sacrifice, un exemple d’abnégation et de dévouement. Elle repose dans cette crypte.
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Charles Péguy a marqué de son empreinte notre ville où il a séjourné juste avant la Première Guerre Mondiale.
Né le 7 janvier 1873 à Orléans, Charles Péguy entre à l’Ecole Normale Supérieure après avoir fait ses classes préparatoires au Lycée Lakanal. Il s’engage dans le journalisme politique et crée les Cahiers de la Quinzaine. Poète, écrivain, Charles Péguy mêle dans ses écrits le refus du conformisme, l’attachement charnel à la terre de ses ancêtres, l’humanisme chrétien pénétré de charité universelle. Il a résidé à Bourg-la-Reine avec sa famille de juillet 1913 jusqu ‘au 2 août 1914, 7 rue André Theuriet, près de la gare.
Lieutenant au 276ème Régiment d’Infanterie, Charles Péguy a été mobilisé dès le début de la première guerre mondiale. Debout, au milieu de ses hommes, les encourageant et les entraînant avec ardeur, il est tombé, tué d’une balle en plein front, devant Villeroy, à la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914. Il a donné sa vie avec générosité, lui qui écrivait en 1913, cette phrase prophétique :
« Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre,
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés ».
Sa mort est qualifiée de désastre par le Colonel de son régiment et ses hommes. L’Académie française décernera à cet illustre écrivain un grand prix de Littérature.
La mort ne le troublait pas, il écrivait dans un de ses poèmes :
« La mort n’est rien, je suis seulement passé dans la pièce à côté ».
Je salue très respectueusement sa petite fille, Mme Odile Giraud-Peguy, ici présente ainsi que son fils, Charles Pierre Péguy, qui n’a pas pu nous rejoindre aujourd’hui mais qui m’écrivait en réponse qu’ « on ne peut concevoir un Pays sans un enracinement dans son histoire et le Devoir de Mémoire est l’une des priorités de toute éducation ».
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Chaque combattant dont nous honorons aujourd’hui la mémoire aurait pu, mes enfants, vous parler de cette guerre, de sa guerre. Il l’aurait fait avec une infinie modestie et avec une grande tendresse, car disait-il, il ne faisait que son devoir. Un devoir qui l’a entraîné jusqu ‘à sacrifier sa vie, pour la France, pour sa famille, pour nous tous.
Qu’il sache là où il demeure désormais, la profondeur de notre estime et de notre reconnaissance.
Mais au delà de l’histoire, il ne faut jamais cesser de bâtir le futur et de songer aux générations qui nous suivent, en nous efforçant de laisser un monde meilleur à nos enfants et leur rappeler le caractère sacré et inviolable de la vie. C’était l’objectif premier de cet ambitieux projet de Robert Schuman et de Jean Monnet par la construction d’une Europe de paix et de liberté.
Dans le Poème sur la loi naturelle, Voltaire dit :
« La paix, enfin la Paix, qu’on trouble et que l’on aime,
est d’un prix aussi grand que la vérité même. »
Je vous remercie. |