COMMÉMORATION  8 MAI 1945

2006


Mise en place du RELAI SACRE


Mise en place des Drapeaux


Mise en place des Personnalités


Montée des Couleurs


Musique de Villeneuve la Garenne
 



Inauguration de la tombe UNC 106ème section

par Monsieur Alain Bernard BOULANGER, Maire

et Monsieur André LABOUR, Délégué Général du S. F. 92




Dépôt de gerbe à la plaque de la rue du 8 mai 1945 par Monsieur le Premier Maire Adjoint

M le Docteur MOURIER


   

DISCOURS DE M. Alain Bernard BOULANGER

Chevalier de la Légion d'Honneur

Maire de Villeneuve la Garenne

Vice Président du Conseil Général des

Hauts de Seine

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8 mai 2006.

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Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs les Anciens Combattants et Résistants,

Mesdames, Messieurs,

Mes Chers Enfants,

 

Le 8 mai 1945 à Berlin, les puissances alliées recevaient la réitération de la réddition sans condition des troupes allemandes, qui avait été signée la veille à Reims.

Cet épisode majeur de la seconde guerre mondiale mettait un terme aux opérations tant sur le front occidental que sur le front oriental, mais la guerre n’était pas terminée, et il faudra des combats sanglants et deux bombes atomiques pour que le Japon mette un terme aux combats qu’il avait initié en Chine et en Corée, bien des années auparavant, dans une indifférence quasi générale si l’on excepte quelques réflexions de la Société des Nations qui avait d’ailleurs conduit le Japon à s’en retirer.

Le général Lyautey avait considéré avec juste raison que la guerre déclenchée en 1914 était une guerre civile européenne qui conduirait au désastre. Chacun avait pu noter en effet que depuis Solférino la guerre avait changé de dimension, de nature même, la rapidité de concentration et de transport des troupes, grâce au chemin de fer, l’amélioration si je puis dire de l’artillerie, les masses mises en œuvre, tout cela permettait de prévoir que la guerre ne serait pas fraîche et joyeuse, ni même qu’elle serait courte et le carnage fut horrible, marquant profondément les esprits.

« Plus jamais ça ! ».

Pour la première fois la guerre avait été mondiale, et nul ne savait comment y mettre un terme. Le congrès de Paris se voulait la reproduction du congrès de Vienne en 1815 à la réserve près, que seules les puissances victorieuses se réunissaient et que la Paix serait imposée. Les traités doivent être acceptés en l’état, tous seront contestés et certains jamais ratifiés ou appliqués. Personne ne sait en outre comment traiter la Russie, où la guerre civile et étrangère va se poursuivre.

L’Allemagne est à la fois touchée dans son honneur, (elle doit se reconnaître comme seule responsable de la guerre), dans son prestige militaire (son armée réduite à rien, sa flotte invaincue saisie), dans son économie, (pèse sur elle le risque de réparations impossibles à chiffrer encore moins à payer). Mais la naïveté, les erreurs de ses vainqueurs, la place en position dominante au cœur de l’Europe au milieu d’Etats modestes qui ne sauraient à terme lui résister.

Pour la première fois, la France n’avait pas été capable seule de tirer l’épée, et la disproportion entre la gloire de nos armes, et notre faiblesse démographique, vis-à-vis de l’Allemagne va nous conduire à une politique chaotique, mêlant raideur et faiblesse, nous aliénant nos amis et ceux qui avaient été nos ennemis.

Nos alliés vont pratiquer l’isolement et l’Allemagne qui cherchera la réconciliation se verra humiliée, son économie ruinée, sa démocratie naissante ébranlée faisant ainsi le lit à un régime d’abomination, qui en quelques années, recouvrira toute sa puissance et des terres autrefois entre les mains de la Double Monarchie, que nous n‘avions pas eu la sagesse de maintenir.

1938-1939 les coups se succèdent, et septembre 1939 pour les puissances occidentales, c’est une guerre déclarée sans préparation, sans armement, sans plan concerté : l’Allemagne est sur le Rhin, la Pologne sacrifiée, et notre état-major rêve de se venger sur l’union soviétique, alliée et complice de l’Allemagne nazie, après le Pacte Germano-Soviétique signée par Ribbentrop et Molotov.

La drôle de guerre s’installe sur le front occidental. Rien ne se passe, notre brève incursion sur la frontière allemande a été immédiatement suivie d’un repli prudent. La France s’oppose à tous les projets de CHURCHILL qui, esprit inventif n’en manquait pas. Bref on espère une guerre qui ne se déclenchera pas.

L’attaque interviendra le 10 mai 1940, date funeste, celle de l’anniversaire du traité de Francfort qui nous avait fait perdre l’Alsace et une partie de la Lorraine. De façon incompréhensible, une armée mise en position défensive est lancée en avant. Pour protéger la France, le généralissime fera livrer bataille en Belgique, une bataille classique, non pas dans la boue des tranchées, mais une bataille de rencontre.

Les Ardennes, ce massif forestier impénétrable aux chars, sont à découvert, l’attaque allemande y est massive et rapide. Cette erreur sera répétée en 1945 par nos alliés lors de la contre attaque allemande de Bastogne. Nos divisions sont dispersées, le front coupé, l’armée de Belgique en danger sur son flanc et ses arrières, le reste ne sera qu’une longue reculade, en espérant que l’ennemi devant des lignes d’approvisionnement trop étirées, devra s’arrêter de lui-même. Le gouvernement se replie à Bordeaux, Paris déclarée ville ouverte est occupée le 14 juin. Churchill effaré comprend que l’armée française pour qui il avait tant d’admiration n’a plus aucune masse de manœuvre en réserve.

Le gouvernement divisé voudrait imposer au Général Weygand l’odieux d’une reddition en rase campagne. Ceci avait valu son honneur au Maréchal Bazaine, condamné à mort, conformément au code militaire par le conseil de guerre. Il ne reste qu’à poursuivre la guerre, dans l’Empire avec la flotte intacte, ou accepter la honte de l’armistice. Le Maréchal PETAIN, le héros de Verdun, nouveau Président du Conseil annonce son intention le 17 juin. Le 18 juin de Londres, le Général de Gaulle appelle à la résistance.

Mais la guerre ne se résume pas à la campagne de France. Après celle de Pologne, cette valeureuse nation attaquée par l’Allemagne et par l’Union Soviétique, battue certes mais qui a su résister plus longtemps et mieux que nous. L’Angleterre hésite, Winston Churchill a été l’un des rares responsables politiques à comprendre la nature exacte du régime nazi et il n’hésitera pas, pour montrer sa détermination, à emprisonner ceux des anglais favorables à l’Allemagne. Hitler espérait la paix, il se trompe, Goering lui promet la victoire, il se trompe aussi.

A défaut d’occuper l’Angleterre, Hitler comme Napoléon, retourne ses armées contre son allié soviétique. Le choc est violent. Staline ne peut le croire, mais comme pour Napoléon aussi, l’attaque est lancée trop tard en saison. L’hiver va briser l’élan initial.

1941 verra aussi l’entrée en guerre des Etats-Unis après l’attaque japonaise contre sa flotte à Pearl Harbor.

Le basculement de la guerre intervient fin 1942 ou en quelques mois, les Anglo-américains débarquent en Afrique du Nord, les anglais gagnent en Cyrénaïque, et l’armée du Maréchal von Paulus est enfermée à Stalingrad.

Il faudra encore près de 3 ans pour arriver à la défaite totale des troupes allemandes. Jamais le monde n’avait connu pareille épreuve : guerre de manœuvre mettant en cause des milliers de chars, bombardements effroyables, avec l’objectif coté alliés de frapper les civils pour briser les volontés, les tempêtes de feu scientifiquement organisées détruisent Dresde et Hambourg, batailles navales multiples, des victimes par millions, des prisonniers et par-dessus tout l’abominable, des crimes raciaux, qui 60 ans plus tard frappent encore les esprits par leur ampleur, leur cruauté, véritable barbarie des temps modernes.

Après le congrès de Vienne, l’Europe pour la première fois de son histoire avait connu 40 ans de paix. Depuis 1945 nous avons connu 60 ans de paix, avec des périodes de tension, mais la volonté partagée de trouver des solutions par la négociation, la concertation, dans une époque où l’esprit du temps nous pousse à croire que nous sommes dans une mécanique ou rien n’est possible. La période de 1919 à 1945 démontre au contraire que pour le meilleur, comme pour le pire, l’influence de l’homme est déterminante. Cette leçon mérite qu’on s’y arrête, et qu’on réfléchisse au prix qu’il nous a fallu payer. Ce monument aux morts, devant lequel nous sommes réunis, que nous allons restaurer, agrandir, magnifier, a pour but de nous le rappeler.

Alain Bernard BOULANGER