Discours
de
M. Alain Bernard
BOULANGER
Chevalier de la Légion
d'Honneur
Maire de Villeneuve la Garenne
Vice Président du Conseil Général
des Haut de Seine
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Reddition sans condition des forces
allemandes
Le 8 mai 1945
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs les Anciens Combattants et Résistants,
Mesdames, Messieurs,
Mes
Chers Enfants,
Nous nous retrouvons ce matin une fois encore, pour commémorer la
reddition des forces allemandes le 8 mai 1945 à Berlin, réitération de la
capitulation signée le 7 mai à Reims, au quartier général américain du
général Eisenhower réitération en présence des représentants militaires
des forces alliées.
Ainsi se termineront les opérations militaires sur le front de l’ouest
commencées en 1939, après le viol et l’occupation de la Pologne par les
armées allemandes puis soviétiques.
J’ai souvent rappelé ici les raisons profondes, plus que millénaires qui
avaient conduit aux affrontements entre la France et les différents états
allemands. Cette guerre cependant avait ceci de particulier qu’elle
cumulait et les raisons historiques traditionnelles de nos affrontements
et les horreurs d’une dictature dont la barbarie n’a été que rarement
dépassée.
Cette commémoration a pour but de rendre hommage à ceux qui ont donné
leur vie pour la France mais aussi de nous rappeler que ces évènements ne
sont pas définitivement derrière nous, et que dans ce monde, à notre
époque, d’autres guerres, d’autres affrontements se produisent et que nous
ne sommes pas à l’abri de ces difficultés. Le terrorisme étant l’une des
formes de la guerre.
La
médiocrité et la lâcheté des gouvernements de l’avant guerre, ont
irrémédiablement conduit au conflit. L’impréparation de nos armées, la
faiblesse de notre haut commandement nous ont valu une défaite telle que
jamais dans notre histoire notre pays n’avait été aussi proche de son
morcellement et de sa disparition. La réduction de la France a une
puissance de second rang, perdant ses provinces du nord et de l’est au
profit de l’Allemagne, du sud-est au profit de l’Italie et d’autres au
profit de l’Espagne était le prix à payer de l’aveuglement de notre peuple
et de ses élites.
Nous connaissons ici, les divers rebondissements de la guerre, la révolte
du Général de Gaulle, l’inflexibilité du premier ministre britannique, la
neutralité bienveillante certes, mais la neutralité de l’Amérique. Les
défaites s’accumulent aux défaites, pratiquement sur tous les fronts les
démocraties reculent, il faudra la rupture du pacte germano-soviétique,
puis l’attaque Japonaise contre la flotte américaine à Pearl Harbor, pour
que deux grandes nations soient jetées dans la guerre contre leur gré. Les
troupes engagées sont considérables, les batailles gigantesques, des
hommes et des femmes sont broyés par millions.
Dès 1942, le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord entraine
l’occupation de la totalité du territoire métropolitain, le sabordement de
notre flotte de guerre et la fin de la fiction d’un gouvernement français
à Vichy. Mais il restera encore bien du chemin à faire pour que le Général
de Gaulle puisse se faire reconnaître comme le représentant de la France
en guerre et à nos armées pour réapparaître de façon significative sur le
théâtre des opérations.
En
poussant les Etats-Unis à un débarquement en Afrique du Nord Sir Winston
Churchill comptait surtout soulager le front britannique en cyrénaïque
mais après une période d’hésitation, le reste de nos troupes, mélangé aux
forces françaises libres, constituera les premiers éléments d’une nouvelle
armée française, qui sera massivement utilisée durant la campagne
d’Italie, mais aussi lors du débarquement en Provence le 15 août 1944.
Sur ces fronts trop souvent oubliés, nos armées renouent avec la
victoire, et l’affront italien de 1940 est effacé par l’entrée victorieuse
du corps expéditionnaire français commandé par le général Juin dans Rome,
le 4 juin 1944, deux jours avant le débarquement allié en Normandie.
Le
6 juin 1944, il y a 60 ans, la plus importante opération amphibie s’étend
sur toute la Basse Normandie, les combats sont très durs, le Haut
Commandement allemand tombe dans le piège tendu mais 18 000 civils
français paieront de leur vie ce combat pour la France. Caen, ville
martyre est presque totalement détruite.
Ces dates, ces évènements résonnent dans nos oreilles et notre cœur,
comme autant d’évènements merveilleux qui marquent notre histoire, comme
bien d’autres batailles qui ont permis la construction de la France.
Bouvines en 1214, La Libération d’Orléans en 1429, Marignan en 1515,
Denain en 1712, la geste de la révolution française, et de Napoléon, la
Marne en 1914, Verdun en 1916. Mais il faudra encore bien des mois pour
libérer la France, et presque un an pour conduire les armées allemandes à
la reddition sans condition.
Cette date cependant ne marque pas véritablement la fin de la guerre.
L’Allemagne et l’Italie ont cessé le combat, mais le Japon continue de
dominer entièrement bien des peuples d’Asie et il faudra l’utilisation de
la bombe atomique à deux reprises pour conduire le gouvernement impérial à
la reddition.
Le
monde de l’immédiat après guerre est un monde bouleversé, moralement les
démocraties stupéfaites découvrent qu’un peuple civilisé, cultivé, dont
les écrivains, les philosophes, les artisans marquèrent notre
civilisation, avait été capable du pire, et dans la guerre, les moyens
utilisés par les responsables ont été effroyables, bombardements massifs
d’objectifs civils, destructions volontaires d’œuvres d’art et de lieux de
mémoire, jamais sans doute le manque de respect de l’homme n’avait été
aussi loin et l’arrêt des combats ne signifiait pas l’arrêt des crimes.
L’Europe centrale, était totalement occupée, les pays responsables de la
guerre certes, mais aussi tous ceux pour qui nous étions entrés en guerre
et sans qu’aucun traité ne soit signé, avec cynisme, les accords de
Postdam confirment des traités entre l’Allemagne Nazie et l’union
soviétique au profit de cette dernière, annexion des Pays Baltes,
occupation de toute la partie orientale de la Pologne, annexion de la
Ruthénie, bout extrême de la malheureuse Tchécoslovaquie, les
gouvernements représentatifs ou légitimement élus sont écartés en Pologne,
en Hongrie et Tchécoslovaquie. Les frontières de l’Allemagne sont
imposées, à l’est des millions de personnes sont transférées notamment de
Silésie, de Poméranie, de Bohème, leurs biens saisis, et tout ceci sans
traité, bientôt un rideau de fer s’abattra sur l’Europe la coupant en deux
pendant 50 ans. Des révoltes sont brutalement écrasées en Allemagne de
l’est, en Hongrie, en Tchécoslovaquie.
Les démocraties occidentales après avoir abandonné l’Autriche et la
Tchécoslovaquie étaient entrées en guerre pour sauver la Pologne et les
pays de la petite entente or tous les pays étaient tombés dans
l’asservissement.
Les opérations militaires étaient sans doute interrompues mais la guerre
n’était pas terminée. Hasard des dates peut-être, mais il y a 8 jours, 10
pays dont 8 de cette Europe centrale meurtrie ont rejoint l’Union
Européenne mettant ainsi un terme à une guerre commencée il y a près de 70
ans. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République
Tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie ont ainsi retrouvé toute
leur part dans une Europe dont ils ont constitué au fils des siècles des
pans entiers de son histoire, refermant ainsi une parenthèse qui a
bouleversé bien des vies et troublé l’histoire du monde
Alain Bernard BOULANGER |